Action du Corepem
Programme homard
Posté le 02/06/2026

Le COREPEM a lancé en 2015 le programme Homard avec les pêcheurs professionnels de crustacés du banc de Guérande. Son objectif initial était d’améliorer les connaissances sur le homard via un programme de science participative (programme de marquage-recapture). En 2024, en parallèle d’un essoufflement du programme du fait que les principaux résultats attendus du programme de marquage-recapture étaient alors connus, les pêcheurs participants au programme ont alerté sur la baisse des captures du homard depuis trois ans. Le programme s’est alors réorienté afin de proposer une mesure de gestion expérimentale de soutien de la ressource. Ce programme est financé par le parc éolien en mer de Saint-Nazaire.
2015 – 2021 : Un programme centré sur l’amélioration des connaissances sur le comportement et la biologie du homard sur le banc de Guérande
4564 homards ont été marqués à l’aide de marque-spaghetti entre 2015 et 2021. 560 recaptures ont été signalées par des pêcheurs professionnels ou plaisanciers ayant permis d’améliorer les connaissances sur la biologie et le comportement du homard sur la zone d’étude :
- Sur les mues et la croissance : Les petits individus muent plusieurs fois par an. La fréquence de mue est annuelle voir plus espacée pour les très gros individus
- Les déplacements : La majorité des déplacements individuels observés sont inférieurs à 10 km et orientés Nord-Ouest. Les petits individus sont plus sédentaires que les gros individus.

2026-2028 : Un programme qui s’oriente vers une mesure de gestion expérimentale de soutien à la ressource
Aujourd’hui, la taille minimale de capture est de 89mm pour atteindre 90mm en août 2026. Seulement, dans notre zone d’étude, à cette taille les individus n’ont pas atteint la maturité sexuelle, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas pu participer à la reproduction de l’espèce. Les mesures à la débarque ont montré que les individus femelles portent des œufs à partir d’une LC (longueur céphalothoracique) de 105mm dans le secteur du banc de Guérande.
Le groupe de travail a décidé de sauvegarder pendant plusieurs années les individus femelles inférieurs à 105mm à l’aide d’un marquage en V nommé “V-notch” ou “poinçon” sur le telson (queue) qui permettra d’identifier les femelles ayant été préservées dans le cadre du programme et ainsi d’en interdire leur débarquement. Le V-notching est une technique de marquage qui est utilisée dans plusieurs pays notamment aux Etats-Unis ou au Canada.
La marque s’estompe naturellement en deux à trois ans, ce qui laisse à ces femelles, encore immatures sexuellement, le temps de se reproduire au moins une fois avant de redevenir commercialisables. Cette mesure vise à préserver une fraction du stock reproducteur futur, augmenter le nombre de femelles ayant la possibilité de se reproduire, soutenir le renouvellement du stock à moyen terme, et ainsi contribuer à la pérennité de la pêcherie de homard sur le banc de Guérande.
Afin de compenser la perte de chiffre d’affaires immédiate, un rachat est prévu. Ce mécanisme permet d’amortir l’impact économique direct pour les pêcheurs.
Un objectif de marquage de 400 kg de femelles par an sur trois ans a été défini. 
Découvrez ci-dessous le témoignage de Nicolas, pêcheur professionnel volontaire du programme homard











